Les commissaires anonymes

COLLECTIVE DISORDER

COLLECTIVE DISORDER

Adrien Giros, Mathilde Sauzet & Gabriel Mattei et Hu Wei

Greylight Project

Collective disorder se composait trois performances aux différents modes d’écoute et d’échanges – parlé, chanté, mimé, gesticulé - rappelant à la complexité des interactions humaines et de leurs rapports de forces. Ces trois formes présentent des tentatives de création d’un corps multiple et unis au sein du trouble collectif qui caractérise notre actualité.

20.00 - A Spiral Dance, A Circuit de Hu Wei en collaboration avec Astarti Athanasiadou

La performance vidéo de Hu Wei se déroule en trois parties : une partition gestuelle dans laquelle Hu Wei mime les mouvements d’une danseuse ; la projection d’une pièce vidéo expérimentale ; la lecture d’un texte écrit à la première personne et porté à deux voix. Dans le premier duo, l’un et l’autre acteur imitent le langage corporel de l’autre, puis l’on ne devine qui est le meneur de cette danse. La vidéo présente Hu Wei et la même danseuse découvrant dans un bosquet de bambou un organisme vivant inconnu (d’eux) qui provoque une discussion sur les relations sujet-objet. Pour finir, les deux protagonistes adressent à l’autre et au public des ordres, des commentaires et des pensées à la manière d’une réclamation : “ je suis un animal rationnel”.
A spiral dance, A circuit interroge : comment s’applique le pouvoir des uns sur les autres ? A quel moment les divergences mènent-elles au conflit ? Comment faire circuler le pouvoir pour que l’un se retrouve dans la condition d’un autre ?

20.45 - The disoriented cabaret de Mathilde Sauzet & Gabriel Mattei avec Sonia Kazovsky, Pilar Mata Dupont and Germaine Sijstermans

Ce “cabaret” composé de parties chantées, lues et jouées est une fiction inspirée par plusieurs articles de presse publiés entre novembre 2015 et mars 2016, particulièrement Molenbeek n’est pas un ghetto, de l’anthropologue Alexandre Laumonier, du 27 novembre 2015, dans Le Monde.
Intervenant elle même dans la performance pour guider les acteurs, Mathilde Sauzet veille à conserver sur scène la dynamique d’une répétition : l’action se déroule et l’histoire se tisse, sans jamais se cristalliser dans une forme finalisée. Cet aspect reflète une configuration politique (de Molenbeek entre autres, mais pas seulement) génératrice d’une « désorientation systématique » qui empêche les groupes sociaux de s’impliquer dans leur propre histoire.
Essayant de se créer un espace d’échanges et de communication, les personnages chantent : « L’art est-il un ghetto ? » Se servant de la situation de Molenbeek comme une étude de cas, ce travail propose plus largement une réflexion sur l’art comme forme d’interaction avec le réel, comme moyen d’inclusion et d’exclusion conscient et critique dans les récits dominants.

21.30 – Black tea d’Adrien Giros avec Melissa Rondeau & Louis Richard

Black tea est une expérience sonore avec deux performeurs et deux caissons de basse. Les spectateurs sont invités à partager un temps de pause, d’écoute, de méditation et de dégustation d’un très vieux thé chinois.
Basses fréquences et vibrations se densifient dans un temps long dans un decrescendo de lumière. Les spectateurs ne bougent pas, les gestes du service de thé se répètent. Les corps s’apaisent et se dissolvent.


pour se procurer le journal de la performance « The Disoriented Cabaret » designé par Sophie Cure :






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