Les commissaires anonymes

L’île des réunions

L'île des réunions

L’ÎLE DES RÉUNIONS, méthode de réunions collaboratives pour une approche affirmative de l’incertitude.

Dix tentatives de redéfinition de la réunion comme dispositif de coproduction à l’issue positivement incertaine : Le Grand banc, Rendez-vous longtemps, Noir quart d’heure, La Charte manquée, À chacun ses urgences, Fin de bandes, Levain quotidien, La Mômerie, Le Choeur des gens et des objets, Jardin de chiendent.

Les réunions sont prévisionnelles, opérationnelles, programmatiques et pourtant on répète qu’elles sont une perte de temps, que l’on y était inutile, que l’on ne voit pas où ça va nous mener… L’Île des réunions se situe au large du continent de la productivité. Elle est une zone d’isolement pour réapprendre à orienter politiquement les processus de collaboration plutôt que de projeter des finalités attendues et médiocres. L’Île des réunions est un moment insulaire pour prendre du recul sur les raisons et les moyens de l’émancipation intellectuelle et fonctionnelle. Cette méthode vise à réapprendre à se réunir autour d’enjeux abstraits tels que l’usage du temps, les formes du travail, le rôle de l’éthique, la complexité d’un monde global, l’instabilité des valeurs, et à comprendre collectivement comment allier ces enjeux à des dispositifs organisationnels.
Dix situations contingentes constituent le livre comme les éléments de référence d’une démarche et le nombre d’îles de la réunion reste infini. La méthode suggère pour chaque situation deux composants nécessaires l’un à l’autre : un cadre opérationnel et une zone d’incertitude. Le cadre opérationnel est un dispositif servant de support à l’organisation d’une réunion selon certaines qualités d’accueil, d’outils et d’animation. La zone d’incertitude est une situation orientée vers des postures politiques, mais dont on ne peut connaître en amont de son expérience ni les bénéfices ni les formalisations.

Le livre est composé de situations vécues durant l’année 2015 à Mons, chacune associée à une traduction méthodologique graphique. Un entretien avec Grégoire Sérikoff, designer stratégique et facilitateur de processus collaboratifs pour les entreprises et les institutions, est proposé en regard de l’approche artistique et poétique de la méthodologie de L’Île des réunions.

Principes généraux de la méthode :

▶ L’Île des réunions est un espace à la fois réel et fictif de rassemblement.
▶ L’Île des réunions a été dessinée, construite, habitée par des pratiques artistiques.
▶ L’Île des réunions est un outil méthodologique composé d’une architecture visible et d’une architecture invisible : un cadre opérationnel et un potentiel d’incertitude.
▶ L’Île des réunions est un rituel socioprofessionnel, un détournement des cadres de travail, un système organisationnel dynamique à reformuler.
▶ L’Île des réunions est une hypothèse.
▶ L’Île des réunions est un lieu de commun quand la distinction entre espace public et espace privé disparaît.
▶ L’Île des réunions est une recherche curatoriale autour des formes de collaborations artistiques propices à de nouvelles subjectivités collectives.
▶ L’Île des réunions est une tentative politique de « géosocialité artiste et de rationalité rusée*. »
*Manifeste accélérationniste

Ce livre a été designé par le studio de graphisme Ultragramme, imprimé sur des machines Rizo et façonné manuellement par l’atelier Papier Machine.
Il a été réalisé dans le cadre du programme Mon(s) idéal de la Capitale Européenne de la Culture Mons 2015.






inclure/foot