Les commissaires anonymes

La ville invisible

La ville invisible

En collaboration avec le collectif ConstructLab
Faculté d’architecture et d’urbanisme de Mons

Dans le cadre de son intervention pour la Capitale Européenne de la Culture 2015, le collectif ConstructLab menait un temps de partage et de prosepction avec l’Ecole d’architecture de Mons. Le workshop portait sur l’aménagement fictif d’un lieu de vie au “jardin suspendu”, un bosquet sauvage de merisiers sur le toit de l’ancienne boulangerie militaire de la ville. L’objectif de la semaine pour ConstructLab était de partager avec les étudiants sa pratique de l’autoconstruction : la conception et de la constuction d’espaces urbains basées sur les spécificités d’un contexte social et toutes les narrations qui y sont associées.

Ils étaient nombreux. Tous les premières années et une grande partie des troisièmes années. Cent cinquante étudiants pour un atelier, c’est géant mais c’est finalement pas tant pour inventer une ville !
Tâche numéro une, inventer par groupe de cinq un personnage : qui est-il ? Quel est son mode de vie ? Comment organise-t-il son temps ? Quelles sont ses activités quotidiennes, son histoire, ses passions ? L’exercice parait bien loin de l’architecture... Mais partons du principe que l’architecture est un enjeu social. On parle toujours « des gens », « des habitants » mais sait-on vraiment qui ils sont, ce qu’ils désirent ? L’idée était de planifier avec tous les personnages proposés une micro-cité à l’échelle du jardin.
Dernier jour : présentations performatives et théâtrales par groupe des personnages, de leur mode de vie et d’un pavillon d’habitation. Les potentiels habitants du jardin : un aveugle, un caméléon, une tribu aborigène, un graffeur rappeur, un robot, un homme-stylo-bic, le doudou de Mons, un sans-abris, un homme qui vit seulement en l’air sur les fils électriques, le fantôme d’un ancien militaire hollandais, le penseur de Rodin, un homme qui court contre le temps...
Le lendemain, rendez-vous dans le jardin pour le repérage. Où chacun va-t-il s’installer ? De retour à l’atelier, chaque groupe décide autour de la grande maquette où son personnage peut établir son espace de vie. Comment s’organise-t-on pour composer une ville ensemble ? Comment penser collectivement ? Commencent les négociations...

Dans son Enquête sur les modes d’existence, Bruno Latour explique qu’« il n’existe pas de monde commun, il faut perpétuellement le composer ». Trois jours de workshop pour établir une ville à l’image de ses habitants et pour entrevoir les enjeux politiques et sociaux de l’architecture.

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