Les commissaires anonymes

REACH OUT AND TOUCH SOMEONE

REACH OUT AND TOUCH SOMEONE

Simon Asencio, Neal Beggs, Vincent Broquaire, Juliette Goiffon & Charles Beauté, Caroline Delieutraz, Julien Grossmann, Albertine Meunier, Marine Peixoto et Jia Qiu
Ecole Nationale Supérieure d’Art de Nancy

Quand ce qui est petit peut devenir grand, quand ce qui parait lointain peut s’avérer voisin, nos perceptions sont mises à l’épreuve. L’infraréel semble trouver sa source dans la dissolution des distances et des instants. Mais comment coexister quand chacun peut être au même moment ici et ailleurs ? Comment s’organiser en société dans l’instabilité des échelles de temps et d’espaces ?

Avec l’intuition que nos environnements actuels sont marqués de dispositifs médiatiques toujours plus instantanés et de moyens de communications toujours plus connectés, nous cherchons à identifier les contrastes d’échelles spatiales et temporelles qui construisent notre quotidien. L’exposition Reach out and touch someone présente une sélection d’œuvres repères, balisant nos empreintes individuelles et collectives sur le présent.

Des espaces autres

Dans le texte Des espaces autres, Hétérotopies, Michel Foucault considère l’espace comme un enjeu central de notre société. En 1967, année d’écriture de ce texte, le temps avait selon lui subi une désacralisation pratique que l’espace n’avait pas encore opéré. Qu’en est-il actuellement ? Internet, l’accélération des moyens de transport et la diversification des modes de communication bouleversent simultanément nos perceptions du temps et de l’espace. Si une forme de désacralisation de l’espace semble alors être en cours, quelles en sont les conséquences ? Foucault caractérisait les espaces de notre société par des relations dites « de voisinages » : les relations que les espaces entretiennent avec ceux qui les entourent. Mais les espaces dans lesquels nous vivons sont maintenant à la fois des lieux et des interfaces vers d’autres lieux. Nous sommes constamment à un endroit et en contact avec ailleurs. Parfois même, l’endroit où l’on se trouve n’a plus d’importance, seule prime la situation dans laquelle se développent les contacts et les échanges. Une telle ubiquité nous amène à nous intéresser à la nature des relations qu’entretiennent les hommes entre eux. Quelles sont aujourd’hui ces « relations de voisinages » ?

Le temps de la démesure

Le slogan « Reach out and touch someone » est lancé dans les années 80 par la compagnie de communication New Jersey Bell à l’occasion d’une campagne de publicité sur la téléphonie longue distance. « Il ne vous reste qu’à toucher votre combiné pour atteindre quelqu’un à l’autre bout du monde », sous-entendait la publicité. Depuis plus de cent ans maintenant, les dispositifs technologiques se chargent de mettre les hommes en contact. Reach out and touch someone formule l’illusion tacite que suggère l’innovation. Car si j’ai conscience que je ne « touche » pas réellement, pour l’expérience, j’accepte de ne pas rationaliser. Notre temps de connexion, nos kilomètres parcourus, nos amis virtuels sont le plus souvent inestimables.

Voisins quand même

Notre recherche touche à l’articulation des espaces réels et virtuels. Dans un climat propice à la démesure, les agencements entre ces deux types espaces paraissent chaotiques. Les œuvres exposées pour Reach out and touch someone jouent avec cette confusion en mettant en évidence ellipses, instantanés et projections plaçant nos usages de l’espace et du temps au centre de véritables enjeux culturels. Elles posent les jalons de nouveaux espaces symboliques communs à différents groupes humains nécessaires pour réinventer des manières d’être ensemble.

Sans titre, Marine Peixoto, 2012, © Les commissaires anonymes Sans titre, Marine Peixoto, 2012, © Les commissaires anonymes -

Performance « Taux d'invisibilité », Simon Acencio, 2013, © Les commissaires anonymes Performance « Taux d’invisibilité », Simon Acencio, 2013, © Les commissaires anonymes -

Vernissage de l'exposition jeudi 24 janvier 2013, © Les commissaires anonymes Vernissage de l’exposition jeudi 24 janvier 2013, © Les commissaires anonymes -

Top Cent, Juliette Goiffon et Charles Beauté, 2012, © Les commissaires anonymes Top Cent, Juliette Goiffon et Charles Beauté, 2012, © Les commissaires anonymes -

Au delà de 1m/s, Albertine Meunier, 2012, © Les commissaires anonymes Au delà de 1m/s, Albertine Meunier, 2012, © Les commissaires anonymes -

Infra jungle, Juliette Goiffon et Charles Beauté, 2012, © Les commissaires anonymes
Un âge d'or, Caroline Delieutraz, 2011, © Les commissaires anonymes
The Drift, Julien Grossmann, 2012, © Les commissaires anonymes
Le catalogue de l'exposition, une collection de 10 mugs par Les éditions extraordinaires, © Les commissaires anonymes
Taux de télépathie, Simon Asencio, 2013, © Les commissaires anonymes
The Helvetic System, Neal Beggs, 2005-2009 collection du Frac Lorraine, © Les commissaires anonymes
Performance « The wasabi day », Jia Qiu, 2013, © Les commissaires anonymes
Performance « The wasabi day », Jia Qiu, 2013, © Les commissaires anonymes
Performance « The wasabi day », Jia Qiu, 2013, © Les commissaires anonymes
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